Japon. Touchés par le sort du Tôhoku, région profondément bouleversée par la catastrophe du 11 mars 2011, Kevin McGue, Ivy Yukiko Oldford et Yoh Kumagai se sont associés pour réaliser un documentaire intitulé “Kore Kara”. Un joli projet où la parole est donnée aux enfants de la Région.
kevin kore kara
Entretien 
De Kevin McGue, producteur du Projet Kore Kara.
Qu’est ce que Kore Kara ?
C’est un documentaire de 15 minutes que nous avons réalisé avec les enfants du Tôhoku, après le tremblement de terre et tsunami du 11 mars 2011, au Japon. Nous l’avons appelé Kore Kara, qui signifie “A partir de maintenant” en japonais, car nous avons décidé de nous concentrer sur la reconstruction de ces enfants après la catastrophe. Nous nous sommes penchés sur leurs rêves, leurs envies pour le futur.
Comment est venue l’idée de ce documentaire ?
Après la catastrophe, je suis allé, comme beaucoup d’autres personnes, me porter volontaire dans le Tôhoku pour le déblaiement et l’aide aux victimes. J’étais accompagné par une personne qui est devenue par la suite la réalisatrice du film. Nous nous sommes retrouvés dans des équipes différentes mais nous avons effectué les mêmes tâches : déblayer encore et encore et apporter des vivres aux points de rassemblement des victimes.
A notre retour à Tokyo, nous ne pouvions pas en rester là : nous avions chacun réalisé des films auparavant et nous avions envie de parler de l’expérience de ces personnes.
Au départ, nous voulions demander aux enfants de décrire leur expérience de la catastrophe. Pour dégager un point de vue unique. Mais au fur et à mesure, nous avons ajusté notre angle : nous leur avons simplement demandé quels étaient les espoirs et leurs rêves pour le futur. Pour eux-mêmes et pour le pays.
Je crois que chaque pays subit ce type de catastrophes naturelles : en relevant les pensées des enfants, qui restent toujours positifs et pleins d’espoir, nous soulignons une leçon de vie incroyable. Kore kara, c’est le récit de la reconstruction.
La réalisatrice, Ivy Yukiko Oldford, en entretien avec les enfants de Kesennuma.
Où avez-vous filmer exactement ?
Nous nous sommes posés à Kesennuma, dans la Préfecture de Miyagi. Nous y sommes restés deux semaines : au printemps et à l’été 2012. Nous avons interviewé une douzaine d’enfants, âgés de 8 à 18 ans. Les questions étaient variées : cela pouvait aller du métier qu’ils rêvaient d’exercer, à l’avenir qu’ils espéraient pour leur région natale et pour le Japon de manière générale.
Les projets sur le Tôhoku se sont multipliés après la catastrophe. En quoi le votre est-il différent ?
C’est vrai, il y a eu beaucoup de projets sur dans le Tôhoku après le tsunami.. Ils sont d’ailleurs tous très importants car il faut faire savoir dans le reste du Japon, et dans le monde ce qui se passe dans cette région. Ce qui se passe encore, presque trois ans après la catastrophe.
Nous avons voulu tenter une approche différente en donnant la parole aux enfants. Nous ne leur avons jamais demandé directement de nous parler de cette expérience traumatisante de leur vie. Même si parfois, le sujet arrivait tout seul. Par exemple, une collégienne nous a confié qu’avant le tsunami, elle ne savait pas vraiment ce qu’elle ferait de sa vie. Après, elle a décidé d’intégrer une école pour devenir infirmière.
L’équipe n’apparait pas dans le film : c’est un film d’enfants qui s’adressent à d’autres enfants du monde.
Vous aimeriez aujourd’hui que Kore kara devienne un projet pédagogique. C’est-à-dire ?
Initialement, ce projet a été imaginé pour les enfants du monde entier. Nous avons toujours gardé cela à l’esprit quand nous l’avons réalisé. Le film a été projeté plusieurs fois au Japon, dans le Tôhoku et à Tôkyô. Nous aimerions qu’il soit projeté de manière plus large afin que ces enfants soient entendus par le plus de personnes possibles. Car malgré la catastrophe qu’ils ont traversé, ils gardent une attitude positive : cela fait relativiser !
Nous avons produit une série de leçons, disponibles gratuitement sur notre site Internet pour permettre aux professeurs qui le souhaitent, d’utiliser le documentaire en classes. Nous envoyons également, gratuitement, à tous les enseignants qui nous le demandent, un DVD du film.
Propos recueillis par Johann FLEURI. 
 
Regarder “Kore kara”
Site : http://korekaraproject.com/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *